Le récit du rêve

 

Récit du rêve à la radio RCF Méditerranée
Récit du rêve en espagnol

 

Journal d'un rêve.

*

Angers,
le 17 février 1985

Le samedi 17 février 2007, j'aurai mes 22 ans.
Pour un rêve, comme aussi pour un humain,
c'est déjà l'âge de la majorité.
En fait, on nous connaît assez mal,
nous autres les rêves.
On sait, vaguement, que nous sommes nombreux,
et que nous planons,
quelque part,
à la recherche de ceux qui nous aideront à devenir réalité.
Oui, nous, les rêves, nous vous recherchons,
vous autres les humains.

Le vendredi 15 février 1985, il y a donc 21 ans et quelques mois,
je planais moi aussi ; c'était du côté de la Loire,
à une certaine altitude,
au-dessus d'Angers, de sa forteresse
et de ses tapisseries du Moyen-Âge.

 

 

"Un rêveur potentiel" avait été comme repéré par nous.

"Voilà, à peu près, à quoi il ressemblait
en ces années-là".


C'était l'après-midi.

Jacques, c'est là le prénom de celui qui avait été pressenti,
venait d'entrer à la Médiathèque, un lieu ma foi, à l'époque, assez lumineux.
Il cherchait un livre sur la psychanalyse et les Contes de Fée,
oui, un livre de Bruno Bettelheim, je m'en souviens.

Mais, déception pour le prénommé Jacques.
Le livre était sorti.

Alors, il énonça une sorte de souhait un peu naïf.
"Je vais trouver un livre qui va m'intéresser".
Il n'aimait pas, disait-il, rester sur un échec.
Trente secondes plus tard, en effet, il avait en main
L'Etreinte de Feu.

Le livre a été republié il y a quelque temps
aux Editions "Le Sarment".
En faisant "Google", ou un autre moteur de recherche,
et en tapant
"L'Etreinte de Feu",
ou bien
"Daniel-Ange" (l'auteur),
tu pourrais voir la couverture de ce livre
et même l'agrandir un peu avec le zoom.

Car le livre de Daniel-Ange est tout entier consacré
à une seule peinture.
Il est vrai qu'il s'agit de la plus célèbre de toutes les icônes,
celle que l'on nomme L'Icône de la Trinité.
Ou bien L'Hospitalité d'Abraham,
ou encore L'Amitié d'Abraham pour l'Etranger.
On dit aussi, souvent, pour faire bref,
Les Trois Anges,
ceux qui sont décrits au Chapitre XVIII
du Livre de La Genèse,
lorsque Abraham et son épouse Sara
offrent l'hospitalité à trois voyageurs étrangers
qui se révèleront être des Anges annonciateurs.
Peut-être l'as-tu déjà vue, ici ou là, cette Icône ?

Le peintre se nomme
Andréï Roublev,
il était né en 1370 et il est mort en 1430.
C'est à dire, pour le situer, un an avant que les Anglais
ne fassent brûler notre Jeanne à Rouen.

Et puis voici un avis pour un assez long voyage éventuel :
l'original de cette peinture si célèbre
se trouve aujourd'hui au Musée des Icônes,
à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Tu peux aussi découvrir cette Icône en allant
sur le Site
http://www.philosophie-j-atlan.net
et en cliquant,
en Page d'Accueil,
sur l'encart
"Trois statues pour l'Europe".
C'est la première image à laquelle
tu parviendras.

Tu peux aussi, après cette Icône,
voir trois photographies
de trois maquettes en béton cellulaire.
Elles font 70 centimètres de haut,
socle compris.
Elles sont l'œuvre de la femme sculpteur française
d'origine polonaise,
Teresa Kochanowska, épouse Manojlovic.
Elles représentent
l'Ange de la Fraternité,
L'Ange de l'Egalité,
L'Ange de la Liberté,
sculptés d'après l'Icône
et d'après le rêve
que je vais maintenant te raconter.
Angers, dimanche 17 février 1985
Il est environ 4 h du matin.


Un rêve.

Je vole. Je sens que je m'élève plus facilement et plus loin que dans d'autres rêves.
J'arrive à Strasbourg.
J'atterris pour un moment
sur le côté gauche du socle
d'une statue de Jeanne d'Arc à cheval
et tenant son épée.

Le socle

 

Je traverse une rue, sur le côté gauche et en avant par rapport au cheval.
J'arrive sur une Place.

Place Arnold


A ce moment, dans le rêve,
je sais, ou on me dit,
qu'il y a encore un kilomètre,
un kilomètre et demi à parcourir.

Je vole à nouveau, à cinq ou six mètres au-dessus du sol,
parfois plus,
à la hauteur des arbres qui sont là,
des deux côtés de l'Avenue
où je me suis engagé à partir de la Place
qui est devant la statue de Jeanne.

Avenue de la Forêt Noire

Des gens sont là qui me voient voler.
Ils sont étonnés.
Je ressens une sorte d'hostilité possible,
comme si on pouvait me tirer dessus depuis le sol.
A la façon dont on tirerait
sur des canards sauvages,
ou sur des oies sauvages,
sur du gibier aérien qui passerait par là.

Rue des Arquebusiers

Passerelle des Arquebusiers

 

La Synagogue de la Paix.



Parc de Contades

Mais, non, finalement les gens sont bienveillants.
Personne ne me tire dessus.

Avenue de la Paix.

J'arrive sur une rue assez large.
C'est la fin de la nuit ou le petit matin.
Je vois venir une voiture qui s'arrête.
Le feu est rouge.
J'attends que la voiture démarre.
Et lorsqu'elle est passée,
je traverse la rue déserte au petit matin.

Je vole à nouveau.
J'arrive sur un grand espace dégagé.
Et là, je suis saisi par ce que je vois :
trois statues gigantesques.
Ordre de grandeur pour chacune :
la statue de la Liberté à New York.
C'est à dire un socle de 71 mètres de hauteur.
Et une statue de 46 mètres de haut.

Je suis étonné qu'on ait mis ces très grandes statues
comme au milieu d'une rue.

Je vois distinctement plusieurs grues métalliques
dressées quelque part en arrière-fond.

A la forme des boucles ou de la coiffure
de la statue de droite,
celle de la Fraternité,
je vois, je les reconnais,
que ces trois statues sont en même temps
les trois Anges de l'Icône de Roublev.
L'Ange de gauche,
lorsqu'on regarde l'Icône, est l'Ange de la Liberté.
L'Ange central est l'Ange de l'Egalité.
L'Ange de droite, dont j'avais d'abord reconnu la coiffure
semblable à celle des Anges de l'Icône,
est l'Ange de la Fraternité.


Photos des trois Anges sculptés par Teresa Kochanowska, épouse Manojlovic.


Je remarque cependant une différence
entre ces trois sculptures
et l'Icône de Roublev.
Sur cette dernière,
Chacun des Anges tient un sceptre,
Très légèrement incliné vers la droite
pour l'Ange de gauche,
un peu plus incliné pour l'Ange central
et assez fortement incliné,
toujours vers la droite,
pour l'Ange de droite.


Reproduction de l'Icône de Roublev

Or, ici, la statue centrale tient en main
non pas "un sceptre",
mais deux.
deux "Bâtons de Berger", très minces.
Les deux Bâtons, en leurs lignes croisées au centre,
dans la main de l'Ange,
forment comme un signe extérieurement analogue
au signe de la multiplication.


Ensuite, toujours volant
à plusieurs mètres au-dessus du sol,
c'est de l'Ange de la Fraternité que je me rapproche,
comme si, des trois,
c'était celui qui me concernait plus particulièrement.
Je m'élève,
et je me sens attiré jusqu'à la hauteur de sa poitrine,
de son cœur.
La statue a le visage doux et beau.


On dirait que la statue est vivante,
qu'elle est habitée par une Présence
qui me regarde.
Un peu comme ce Visage "regarde"
tous ceux qui le voient.


Reproduction du "Visage" obtenu par un photo-chimiste athée de la NASA
à partir du négatif d'une photo du suaire de Turin.

Je ressens très fortement la communication.
Et vois, dans son regard,
il y a comme de l'attente,
une attente presque inquiète.
Comme si quelque chose était attendu de toi.
Comme si toi aussi,
tu devais comprendre quelque chose,
ou faire quelque chose.

Après la communication intense
avec l'Ange de la Fraternité,
je passe entre lui et l'Ange de l'Egalité.

Je vole toujours,
cette fois à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol.

Derrière les trois statues,
peut-être à une centaine de mètres,
il y a de l'eau,
une rivière, ou une sorte de vaste étang,
ou encore un grand canal,
peut-être un fleuve.


#

place pour une photo future du Canal de la Marne au Rhin

Je suis au-dessus de cette assez vaste étendue d'eau,
à dix, vingt, ou trente mètres de hauteur.
Et pas très rassuré cette fois.
Comme s'il y avait un risque
que je chute dans ce canal ou cette rivière,
assez rectiligne ici,
et dont les bords sont dégagés.

 

Place éventuelle pour une seconde photo future du Canal de la Marne au Rhin


Mais tout se passe très bien.
Je ne tombe pas à l'eau.
Je vois un peu plus loin
un petit pont au-dessus duquel je passe.

#

Place pour une photo du pont au-dessus de l'écluse
sur le Canal de la Marne au Rhin

Peu après ce pont,
disons peut-être à environ deux cents mètres,
un peu sur la droite,
il y a une sorte de ponton de bois
formé d'une succession de poutres,
de planches ou de rondins fixés côte à côte.
Au-dessus de ce ponton,
qui est perpendiculaire à la rive vers laquelle je vais,
ma hauteur diminue progressivement,
et je réussis à me poser, là,
tranquillement,
terminant sur ce support en bois,
en douceur,
et mon envol, et mon rêve.


#

Place pour une photo future
du ponton
dans la Zone de Loisirs du Marais,
le long du Canal de la Marne au Rhin.

 

 


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Mars 2016

En France, tout le monde, ou presque, connaît l’admirable histoire de Jeanne d’Arc. Lorsqu’en 1431, elle a été détenue par les Anglais à Rouen, Gilles de Rais et La Hire, deux parmi ses plus fidèles compagnons d’armes, ont eu le projet de la faire évader de sa prison. Et si ces tentatives d’évasion avaient réussi ? Qu’est-ce que cela aurait changé dans notre Histoire ? C’est la réussite de ces tentatives orchestrées par Gilles de Rais, que raconte le roman de Jacques Atlan L’Évasion de Jeanne et ce qui s’ensuivit, un roman qui, en un sens, réactualise ici, en verticalité, l’idée même que nous nous faisons de notre pays.

Lucien Fabre, l’auteur du livre Jeanne d’Arc, paru en 1948 aux Éditions Jules Taillandier, encore dans les émotions et les expériences de la lutte contre l’occupant nazi pendant la Résistance, avait célébré et ressenti comme de l’intérieur la lutte de Jeanne en son temps contre l’occupant anglais.

Une question au lecteur attentif du roman de Jacques Atlan et du livre de Lucien Fabre : comment expliquer les multiples cas, complètement attestés par l’Histoire, où ce que Jeanne avait annoncé à l’avance autour d’elle est ensuite effectivement survenu ?

Pour avoir, peut-être, des nouvelles plus récentes au sujet de Jeanne, vous pouvez aller sur ce site et écouter un peu plus loin, sur RCF Méditerranée, le récit d’un rêve datant de février 1985 où intervient la statue de Jeanne d’Arc, située Place Arnold à Strasbourg, une Place et une statue dont Jacques Atlan ignorait absolument l’existence avant d’avoir fait ce rêve énigmatique qui relie comme en droite ligne, malgré les paradoxes,
la France au temps de Jeanne d’Arc et
la France de la devise Liberté, Égalité, Fraternité.